Splendide de par ses richesses historiques et naturelles, mais navrante de par sa pauvreté.
Les résultats de deux études italiennes sur les pires aspects du sud de l’Italie attestent de la mauvaise situation en termes économiques de la région.

Avec un revenu très faible, insuffisant pour permettre aux habitants de vivre dans des logements corrects, équipés des commodités minimums telles que l’eau et le chauffage, le Sud de l’Italie se place en 1ère position des régions les plus pauvres.
Même chose en ce qui concerne la mortalité infantile où les chiffres sont désolants : au cours des 28 premiers jours de vie, le pourcentage de décès est de 5.7 pour mille naissances. Une donnée quatre fois supérieure aux régions du Nord de l’Italie et le double par rapport à la moyenne européenne.

C’est le docteur Maurizio Bonati de l’Institut Mario Negri de Milan et coauteur de l’étude qui précise :
« Nous parlons de personnes qui ne peuvent même pas acheter du lait pour leur bébé et ne peuvent se nourrir correctement lorsqu’elles sont enceintes.
Témoignage auquel s’associe le docteur Giorgio Tamburlini de l’Institut pour l’enfance Burlo Garofolo de Trieste, pédiatre et responsable de la seconde étude, qui déclare :
« 17% des enfants et adolescents du Sud souffre de troubles mentaux, y compris la dépression, tendance au suicide, troubles alimentaires tels que l’anorexie ».

Idem côté éducation : les cas d’abandon du cursus scolaire avant l’âge de 14 ans atteignent 24% soit un taux deux fois et demi plus élevé que le reste de l’Europe.

Face à cette situation le gouvernement a bien tenté de réagir en accordant des subventions particulières au Sud (mesures auxquelles les régions du Nord étaient majoritairement défavorables, se plaignant de payer des taxes inutilement absorbées par le Sud au point que certains réclament l’indépendance fiscale…).

Ces investissements ont tout de même permis d’enregistrer quelques résultats positifs :
les subventions accordées aux Pouilles dans le secteur agricole ont permis à cette région de devenir le premier producteur de pâtes en Europe ; la Calabre est devenue un grand producteur d’agrumes ; la Campanie a transformé la côte amalfitaine en une prestigieuse destination touristique, et Naples devient petit à petit une ville plus propre et plus sûre.

La situation reste toutefois préoccupante : 7.3 millions de citoyens du Sud gagnent moins de 521 euros par mois. Alors comment fait la population pour vivre, survivre ? La solution est simple : travail au noir, mafia…

Les critiques sont vives et nombreuses. « Des millions d’euros ont été dépensés pour étudier un projet pour le pont sur le détroit de Messine qui coûtera 4.6 milliards alors qu’il n’existe toujours pas à ce jour de programme d’intervention dans le secteur pédiatrique et maternel » dénonce l’étude de l’Institut Mario Negri.

Le Sud manque de médecins, d’infirmières ; les structures hospitalières sont vétustes, sans parler des bâtiments publics déclarés insalubres…